L'accessibilité cognitive, qu'est-ce que c'est ?
L'accessibilité cognitive consiste à rendre une information, une consigne ou une organisation compréhensibles et utilisables sans effort excessif de compréhension, de mémoire ou d'attention. Elle porte sur l'environnement — la façon dont on écrit, dont on réunit, dont on planifie, dont on accueille — et non sur les personnes. Concrètement : un ordre du jour envoyé la veille, une consigne écrite après avoir été dite, une procédure en phrases courtes.
On la confond souvent avec l'accessibilité numérique ou avec le FALC. Ce sont trois choses différentes : le RGAA rend un service en ligne techniquement utilisable, le FALC (« facile à lire et à comprendre ») est une méthode de rédaction co-construite, issue du champ de la déficience intellectuelle, et l'accessibilité cognitive est l'objectif plus large qui les englobe — il vaut aussi pour une réunion, un planning, un guichet ou un livret d'accueil. Un document peut être parfaitement conforme sur le plan technique et rester incompréhensible.
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La neurodiversité au travail, qu'est-ce que c'est ?
La neurodiversité désigne la variété des fonctionnements cognitifs au sein d'une population : attention, mémoire, langage, perception sensorielle, rapport au changement. Appliquée au travail, la notion ne consiste pas à identifier qui est concerné, mais à reconnaître qu'une organisation conçue pour un fonctionnement unique en met mécaniquement d'autres en difficulté. L'objet de travail est donc l'organisation, pas la personne.
Trois mots circulent et ne sont pas interchangeables. « Neurodiversité » décrit un ensemble : une équipe est neurodiverse, une personne ne l'est pas. « Neuroatypique » et « neurodivergent » sont des termes d'auto-désignation — ils appartiennent aux personnes qui les emploient pour elles-mêmes, pas à l'encadrant qui décrirait un collaborateur. « Neuro-inclusion » désigne la démarche d'une organisation : c'est le seul des trois qui vous concerne directement en tant qu'employeur.
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Le handicap invisible, c'est quoi ?
Un handicap invisible est une situation de handicap que rien ne signale dans l'apparence ni dans un équipement : troubles cognitifs, troubles psychiques, maladies chroniques ou évolutives, douleurs persistantes, troubles sensoriels. Il ne se voit pas en réunion ni à un guichet ; ce qui se voit, ce sont ses effets — fatigue, lenteur apparente, retrait, erreurs répétées, irritabilité. C'est cet écart entre ce qui se voit et ce qui se joue qui produit la plupart des malentendus au travail.
Le mot décisif est « situation ». Le handicap n'est pas une propriété de la personne : il naît de la rencontre entre un fonctionnement et un environnement. Le même salarié n'est pas en situation de handicap dans une organisation qui écrit ses consignes, et l'est dans une organisation qui les donne uniquement à l'oral, en fin de réunion. C'est précisément ce qui rend la question gérable : on n'agit pas sur les personnes, on agit sur ce qu'on peut réellement changer.
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« Besoins invisibles » : de quoi parle-t-on ?
Un besoin invisible est un besoin d'ajustement qui n'a été ni exprimé, ni reconnu, ni parfois identifié par la personne elle-même. Il ne suppose ni diagnostic, ni RQTH, ni déclaration : il se lit dans le travail — une consigne redemandée trois fois, un open space évité en fin de journée, un écrit systématiquement rendu au dernier moment. C'est la notion centrale de notre approche.
Elle a une conséquence pratique immédiate : la plupart des besoins ne remontent jamais. Attendre une déclaration pour agir revient à attendre indéfiniment, et à faire porter à la personne concernée le coût d'un premier pas que rien ne l'oblige à faire. Une organisation praticable se construit sans savoir qui est concerné — ce qui est aussi la seule position tenable pour un employeur, puisqu'il n'a pas à connaître l'état de santé de ses salariés.
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La surcharge cognitive au travail, qu'est-ce que c'est ?
La surcharge cognitive survient lorsque la quantité d'informations à traiter, à retenir et à trier dépasse durablement ce que l'attention peut absorber. Elle se manifeste par des oublis, des erreurs d'inattention, une difficulté à décider, une fatigue que le week-end ne répare pas. Ce n'est pas un trait de caractère : c'est un effet de l'organisation du travail.
Trois foyers reviennent dans presque toutes les organisations : les réunions (ordre du jour tardif ou absent, aucun compte rendu), les consignes (données à l'oral, une seule fois, sans trace écrite) et la communication écrite (canaux multiples, interruptions permanentes). Les corriger allège tout le monde, et allège d'abord les personnes qui compensent en permanence. C'est pourquoi nous ne traitons jamais la charge cognitive comme une affaire d'organisation personnelle : le levier est du côté de l'employeur.
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TDAH, DYS, TSA : que recouvrent ces sigles ?
TDAH désigne le trouble du déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité. « DYS » regroupe les troubles spécifiques des apprentissages : dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, dyscalculie. TSA désigne le trouble du spectre de l'autisme. Ce sont des intitulés cliniques, posés par des professionnels de santé : ni un manager ni un service RH n'ont à les employer pour désigner un collaborateur.
Ce qui est utile au travail n'est pas le sigle, c'est l'effet observable : besoin de consignes écrites, de prévisibilité, de temps supplémentaire sur un écrit, d'un environnement moins bruyant. Deux personnes portant le même intitulé n'auront pas les mêmes besoins, et une personne sans aucun intitulé peut avoir exactement les mêmes. Nous formons à répondre à des besoins, jamais à reconnaître des profils — et nous n'invitons personne, participant ou encadrant, à s'auto-évaluer.
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Un aménagement raisonnable, qu'est-ce que c'est ?
Un aménagement raisonnable est une mesure concrète prise par l'employeur pour permettre à une personne en situation de handicap d'accéder à un emploi, de l'exercer et d'y progresser, dès lors qu'elle ne fait pas peser sur l'organisation une charge disproportionnée. Ce n'est donc pas une faveur accordée au cas par cas : c'est une obligation, dont le refus doit pouvoir être motivé au regard de ce qui a été réellement examiné. Sur la qualification juridique d'un refus dans une situation précise, adressez-vous à votre service juridique, à un avocat ou au Défenseur des droits.
Pour des besoins invisibles, les aménagements les plus efficaces sont aussi les moins coûteux, parce qu'ils sont organisationnels et non matériels : consignes écrites, planning communiqué à l'avance, tâches découpées, réunions placées en début de journée, un interlocuteur identifié plutôt que trois. Un aménagement n'a pas besoin d'être formalisé pour exister. Et il ne suppose aucun justificatif médical : ce que l'employeur a besoin de connaître, ce sont les conséquences au poste, jamais leur cause.
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La RQTH, qu'est-ce que c'est ?
La RQTH est une décision administrative accordée à la personne qui en fait la demande, après instruction de son dossier par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Elle ouvre l'accès à des dispositifs d'accompagnement et d'aménagement, et permet à l'employeur de comptabiliser la personne au titre de l'obligation d'emploi. Elle relève d'une démarche personnelle : ni l'employeur ni le manager ne peuvent l'exiger.
Deux idées fausses circulent largement. La première : il existerait une liste officielle de maladies ouvrant droit à la RQTH. Il n'y en a pas — ce qui est examiné, ce sont les conséquences de la situation sur l'activité professionnelle, pas un intitulé. La seconde : recevoir l'information supposerait de connaître le diagnostic. Non — un salarié qui vous annonce sa RQTH vous informe d'un droit, pas de son état de santé. La bonne question n'est pas « qu'est-ce que vous avez ? » mais « qu'est-ce qui vous aiderait dans votre travail ? ».
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L'obligation d'emploi (OETH), en quelques lignes
L'OETH impose aux employeurs, à partir d'un certain effectif, d'employer une proportion minimale de personnes bénéficiaires de l'obligation d'emploi. Elle se déclare chaque année par la déclaration sociale nominative ; l'employeur qui n'atteint pas le taux fixé verse une contribution annuelle. Certaines dépenses, dont des actions de sensibilisation et de formation des salariés, sont déductibles de cette contribution, dans les limites fixées par la réglementation.
On l'appelle souvent « quota handicap » ou « taxe handicap » : les deux formulations sont trompeuses. Ce n'est pas une taxe, mais une contribution due lorsque l'obligation n'est pas remplie ; et ce n'est pas un quota de recrutements à réaliser, mais un taux d'emploi à atteindre, qui se construit aussi avec les salariés déjà présents. Un taux d'emploi bas s'explique d'ailleurs souvent moins par un défaut de recrutement que par le fait que les personnes concernées ne se déclarent pas — parce que le sujet n'est pas abordable dans l'organisation. C'est un problème de climat interne avant d'être un problème de sourcing.
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Pourquoi nous n'écrivons ni « handicapé » ni « souffrant de »
Nous écrivons « personne en situation de handicap », jamais « handicapé », et « personne concernée par un TDAH » plutôt que « souffrant de TDAH ». Ce n'est pas une précaution de langage, c'est la traduction directe d'une définition : le handicap résulte de la rencontre entre un fonctionnement et un environnement. Il désigne une situation, pas une identité — et une situation, cela se modifie.
« Souffrant de » et « atteint de » présument une souffrance et une pathologie là où il y a souvent un fonctionnement et un environnement mal ajustés. Nous employons donc trois mots simples : fonctionnement, besoin, ajustement. Cette discipline a une conséquence très concrète en formation : nos supports et nos exercices ne demandent à personne de se situer, de se déclarer ou de raconter sa vie.
Notre approche et nos partis pris